Croyance Profitendieu
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Croyance Profitendieu
Mousse et musicienne de l'Albatros

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Âge9 ans

GénétiqueHumain

SexeFéminin

CultureTrinité

AffiliationAucune

PlanèteRenaissance

MétierGamine errante

Croyance Profitendieu
"C'est trop COOOOOOOOOOOL."
Description
Croyance est petite, chétive et maigre. Elle fait à peine 1m26 pour 20 kilos. Pourtant, elle mange comme un petit ogre lorsqu'elle le peut, mais sa génétique comme sa maladie font qu'elle a le plus grand mal à grossir. Elle possède de grands yeux violets, qui, on le lui a souvent répété, ressemblent à s'y méprendre à ceux de la première fille Profitendieu, Modestie. A l'inverse de cette dernière, ses longs cheveux épais et indisciplinés sont châtains foncés. Ils semblent trop volumineux pour son petit visage. Elle les attache parfois négligemment, à moitié ou en chignon flou. Peu lui importe tant qu'ils ne masquent pas sa vision lorsqu'elle est occupée à faire quelque chose de ses dix doigts.

Au travers des quelques tâches de rousseur qui s'épanouissent sur ses joues, Croyance dégage déjà une aura particulière. Elle est mignonne, naturellement attachante, et il ne fait nul doute que si elle parvient à l'âge adulte, elle sera une très jolie femme. Il émane d'elle une sensation de bonheur profond, facilement communicatif. Que ce soit son regard pétillant de malice ou le sourire éclatant qui étire ses lèvres jusqu'à ses oreilles, elle semble tout le temps débordante de joie. Elle fait pleinement ses neuf ans ; ni plus ni moins. Pourtant, elle voudrait être plus grande, qu'on la prenne au sérieux ; elle voudrait être une géante, forte et belle comme les héroïnes de ses histoires favorites. Un jour, Croyance. Un jour, peut-être.

Bien qu'elle soit rayonnante, son petit corps est marqué par la vie. Elle a plusieurs cicatrices, un peu partout : sur les genoux, les mains, les coudes, résultats de chutes, témoignages de son côté casse-cou. Sur le dos, les épaules et le ventre, vestiges des trop nombreux coups de bâton, martinet, fouet ou ceinture qu'elle a reçus en guise de punitions. Ces cicatrices-là sont "les marques de la honte", comme les appelaient ses parents. Croyance n'en est pas fière, et elle voudrait les cacher à tout prix.


Style vestimentaire : Croyance ne possède que peu de biens. Elle porte toujours le même jean troué, un t-shirt blanc, un vieux pull à rayures noires et blanches, une veste en jean verte et des baskets abîmées. Par-dessus le tout, elle garde sa grosse veste fétiche, quelle que soit la saison. C'est un cadeau qu'on lui a fait, et bien qu'elle soit beaucoup trop grande pour la petite fille, elle la trouve « trop cooooool » et elle « l’aime trop ». Elle adore porter des tas et des tas de vêtements sur elle.

Elle ne quitte pas davantage son vieux casque audio ; soit autour du cou, soit enfoncé sur son crâne. Il semble venu d’un autre siècle, mais comme sa veste fétiche, il s'agit d'un cadeau auquel elle tient. Tant qu'il fonctionnera, Croyance le gardera précieusement. Il est accompagné d’un vieux lecteur pour écouter de la musique. L'engin contient quelques centaines de pistes qu'elle connait par coeur, à force de les écouter.

Enfin, elle porte un sac à dos bleu en tissu déchiré et abîmé par le temps, qui semble trop grand pour elle, et qui contient ses maigres effets personnels, dont deux baguettes qui lui servent à faire de la musique sur n'importe quel support. Autour de son cou est attaché un collier doré qui s'ouvre, dans lequel elle conserve précieusement son médiator de guitare fétiche.


Signes particuliers :
• Elle a récemment apprivoisé Serge, un gros rat d’égout, qui disparait fréquemment, mais qui revient toujours vers elle. Quand il ne crapahute pas n’importe où, il reste sagement dans une de ses poches ou derrière ses cheveux, sur son épaule.

• Elle a un don particulier pour disparaître ; un regard ailleurs, un instant, et elle n'est plus là.

• A cause de sa maladie, Croyance a tout le temps froid.

• Elle a un rire peu discret et particulièrement communicatif.
Caractère
Pour Croyance, la vie n'est qu'un jeu. Un vaste terrain où tout est amusement La fillette est facilement impressionnable, mais elle n’a aucune conscience du danger, et ce malgré les très nombreuses mises en garde des adultes. Les histoires que l’on a pu lui raconter ne sont restées que des histoires dans son esprit. Elle s’émerveille pour tout, ne s’effraie pour rien. Elle porte un grand intérêt au monde et à tout ce qu’on peut lui dire, mais en définitive, elle ne connait pas grand-chose de l’univers qui dépasse les frontières de celui, minuscule, dans lequel elle a grandi. Croyance est assez crédule : elle pourrait bien croire tout ce qu'on lui dit, mais quoi que ce soit, elle se contenterait de rire aux éclats en sortant sa phrase fétiche : "C'est trop coooooool !". L'unique sujet susceptible de l'effrayer n'est apparue que tardivement dans l'esprit de la fillette : au cours de la dernière année, elle a développé une peur panique de l'abandon.

Depuis qu’elle est en âge de marcher, la petite Croyance montre une fascination sans borne pour la musique. Elle a hérité d’un sens du rythme naturel et elle aime les sons autant qu’elle hait le silence. Lors des bénédicités et autres prières de recueillement, lors même des silences pesant qui entourent les repas des Profitendieu, l’on pouvait entendre quelques notes lancées sur un verre ou une assiette du bout de ses couverts. Elle se faisait fréquemment réprimander pour cela, et ses parents n’avaient jamais abandonné l’idée de la faire cesser. Alors, après des coups, des cris et autres punitions, Croyance s’était contentée de tapotements plus discrets, ou de fredonnements quasi-silencieux, qui faisaient battre ses pieds en rythme.

Croyance est une enfant têtue et peu obéissante. Lorsqu’elle aime ou veut quelque chose, il est difficile pour ne pas dire impossible de l’en détourner. Ni les punitions ni les cris ne fonctionnent sur elle. En revanche, bien qu'elle soit difficile, elle est également agréable. Il est rare de ne pas la voir sourire. C’est une enfant pleine de vie et de joie, qui fait toujours preuve d’un bonheur aussi éclatant que contagieux. Curieuse et créative, elle aime demander à ceux qui croisent sa route de lui raconter une histoire. Elle est d’ailleurs extrêmement sociable et à l’écoute des autres. Elle possède également une étonnante capacité à rebondir, même après des moments peu agréables ou difficiles : aussi est-il difficile d'entacher sa bonne humeur naturelle. Lorsqu’elle est triste, ça ne dure jamais bien longtemps. Et de toutes façons, puisque la vie est un jeu, rien n’est vraiment grave, pas vrai ?

L'enfant se passionne facilement pour une multitude de trucs, aussi divers que variés. Mais dans la vie, il y a plusieurs choses que Croyance adule, aime et admire par-dessus tout. Parmi elles, on compte Modestie, sa grande sœur qu’elle ne connait pas, mais qu’elle voit comme l’héroïne de ses histoires favorites : celle qui a osé braver les monstres mangeurs d’enfants pour partir à l’aventure et à la découverte du monde. Sur l’échelle de ce qu’elle aime le plus au monde, elle arrive juste derrière la musique et les histoires, mais avant l’aventure et ces délicieux biscuits pralinés fourrés au chocolat dont elle ne peut pourtant pas se passer.

La petite fille est extrêmement sportive. Elle aime courir, sauter, escalader, se battre... Elle est débordante d'une énergie qui peut s'avérer épuisante pour ses proches. Cependant, depuis le début de sa maladie, elle éprouve bien plus de difficulté à faire trop d'efforts. Le souffle lui manque plus rapidement, et une trop grande dépense peut entraîner des crises plus ou moins violentes. La maladie de Croyance touche particulièrement ses poumons, et les problèmes qui en découlent sont nombreux, mais varient avec le moment : essoufflement lors de l’effort (et de plus en plus lorsqu’elle ne fait rien), toux grasses avec vomissements de glaires et de sang, détresse respiratoire, vives douleurs à la poitrine, incapacité à grossir, sensation de froid permanent, suffocation, étouffement, ainsi qu'une sensibilité à la comorbidité.

Croyance est une enfant qui a une facilité déconcertante à se lier d’amitié avec tout et n’importe quoi. Adultes, enfants, animaux... Rien ne l'arrête. Elle tombe facilement en admiration devant les autres, et est fascinée par la diversité et les modes de pensées de tout un chacun. Ce n'est pas pour autant qu'elle se laisse faire lorsque l'on est pas gentil avec elle. L'enfant est une casse-cou qui n'a pas froid aux yeux. Elle serait prête à foncer dans le tas sans réfléchir si elle le devait. Fort heureusement pour elle, cette situation ne s'est encore jamais présentée. Elle est d'un naturel bagarreur, presque garçon manqué, sur certains aspects. Et si elle ne se bat pas bien pour le moment, elle trouve un intérêt tout particulier dans les activités salissantes et interdites.

Elle aime se sentir utile, et aider son prochain. Elle recueille toutes sortes d’animaux ou de trucs, surtout lorsqu’ils sont blessés, handicapés ou moches. Elle se sacrifierait volontiers pour la veuve et l'orphelin si elle le devait. Elle semble néanmoins frappée d'une certaine malédiction : ses compagnons ont tendance à ne pas survivre bien longtemps, et ce malgré l'attention toute particulière qu'elle leur porte. Elle les appelle tous Serge sans distinction : du gros cafard auquel il manquait une patte (mort écrasé par son père), au chaton borgne qui n’a pas digéré la barre de nutrisoja, en passant par le caillou suicidaire, et l’œuf devenu omelette. Depuis déjà plusieurs mois, elle est accompagnée d’un gros rat d’égout à l’apparence particulièrement peu ragoûtante, qui aime se cacher dans sa poche ou sous ses cheveux, et qui disparait parfois plusieurs heures avant de réapparaître comme par magie.

Croyance est un nid à bêtises : s’il y en a une seule à faire, vous pouvez être sûre qu'elle la fera. Turbulente et trop active, elle ne manque pas de créativité, et surtout pas en ce domaine. Grimper sur les toits, se rouler dans la boue, se faufiler dans des bâtiments en ruines qui pourraient s'effondrer à tout instant, sauter au-dessus du vide, piquer un truc... Et lorsqu'elle se fait prendre, elle est également particulièrement douée pour offrir de grands yeux attendrissants ou un sourire d’ange. Mais ça ne marche pas toujours ; surtout pas avec ses parents.

Elle a d'ailleurs été un poids pour sa famille, depuis sa plus tendre enfance. Si elle n'en a pas vraiment souffert durant les quelques années passées avec eux, elle présente de grandes carences affectives. C'est en partie ce qui explique sa facilité étonnante à s'attacher à ceux qu'elle rencontre, et une grande difficulté à s'en éloigner. Lorsqu'elle se met à aimer ou admirer quelqu'un, elle peut le suivre comme un poussin suivrait sa mère, jusqu'à en devenir extrêmement collante. Si elle se sent à l'aise, elle peut également se laisser emporter par ses émotions sans aucune modération ni tempérance, et connaître des explosions de joie possiblement pénibles à gérer pour l'entourage.
Histoire
Croyance Félicité Louange Profitendieu naquit avec l'aurore à Port Salem, le 21 Encer de l'année 101. Elle était la douzième enfant de Victor et d'Abnégation Profitendieu. Dans l'ordre, il y avait Jean, Modestie, Douce, Léon, Finaude, Martin, Philippe, Charité, Alexandre et Prévoyance, Modération et puis Croyance. Plus tard, il y aurait encore Louis, Tempérance, Matthieu, Espérance, Persévérance, Benoît et pas moins de trois ou quatre autres enfants à naître dans les années à venir. Croyance, elle, était destinée à suivre le chemin tout tracé pour les enfants de la famille. Elle grandirait dans la piété et la foi, apprendrait la dévotion et l'abnégation. Lorsqu'elle aurait dix ou onze ans, elle serait fiancée à un homme inconnu, plus âgé qu'elle, mais jugé comme étant un bon parti par ses parents. A peine devenue femme, ils se marieraient, et donneraient naissance à une tripotée d'enfants. Tel était le destin des femmes de la famille Profitendieu. Mais bien vite, Victor et Abnégation comprirent que Croyance était un cas particulier.

Abnégation avait donné naissance à Croyance quelques semaines avant le terme. Légèrement prématurée, elle n'eut aucun mal à survivre, mais l'on nota tout de même une certaine fragilité de santé chez l'enfant, qui allait nécessiter une surveillance toute particulière de la part de sa famille. Sa première infection pulmonaire se déclara alors qu'elle n'avait pas deux ans. Le mois de Dekser 103 avait été particulièrement tempêtueux, et l'on soupçonnait le mauvais temps d'être à l'origine des problèmes de santé brutaux de la fillette. Elle mit plusieurs longues semaines à s'en remettre, et l'on craignit à plusieurs moments de la perdre. Au cours de ses premières années de vie, elle allait régulièrement connaître ce genre d'infections.

Sa santé fragile ne l'empêcha pas de développer une énergie impressionnante et épuisante pour son entourage. Elle montra rapidement un goût du risque et un amour pour l'interdit qui ne fut pas du tout du goût de ses parents. Très tôt, ils commencèrent à la punir avec l'espoir de guérir rapidement son esprit trop indiscipliné et ouvert aux pêchés. Ils lui exposèrent l'histoire de sa grande soeur, Modestie, songeant que cela permettrait à Croyance de retrouver la lumière. Ils lui racontèrent à quel point elle n'avait pas été sage, à quel point elle avait été désobéissante, jusqu'à se mettre Dieu à dos. Ils lui expliquèrent comment, après s'être enfuie de la maison, elle s'était très certainement faite dévorer par des monstres mangeurs d'enfants, qui pullulaient à l'extérieur de leur petit quartier sécurisé. Ils priaient avec ferveur pour son âme, mais il ne faisait aucun doute qu'elle était bel et bien perdue. Croyance les écoutait avec des yeux ronds, et si elle ne commentait pas, une petite voix en elle soufflait tout bas : "Coooooool". Au fond d'elle, elle était persuadée que Modestie ne s'était pas vraiment faite manger, et qu'elle avait réussi à échapper aux monstres. Alors au lieu de la dissuader, cela ne fit qu'accentuer son attirance pour l'aventure et l'inconnu, ainsi que son admiration pour cette grande soeur disparue.

Il n'y avait que peu de moments où la petite Croyance était calme : lorsqu'elle dormait ou était malade, lorsque quelqu'un lui racontait une histoire qui faisait briller une galaxie entière dans son regard, et lorsqu'elle trouvait de jolis sons. Ce fut Jean qui s'intéressa le premier à cette passion étrange qui semblait sortie de nulle part. De dix-huit ans son aîné, il avait déjà sa petite vie bien à lui lorsque, lors d'un repas de famille, Croyance commença à jouer quelques notes sur la vaisselle pauvre et déjà ébréchée de leurs parents. Après le repas, alors que Croyance s'était faite violemment réprimander pour ses agissements, l'aîné de la fratrie décida de la présenter à un dénommé Pierre-Georges Debussy.

Pierre-Georges Debussy était un trentenaire issu d'une bonne famille, sans enfants mais propre sur lui. Il avait ouvert une boutique de musique non loin des plus beaux quartiers de Port Salem. La petite Croyance, âgée de seulement quatre ans, montra des facultés particulières qui retinrent l'attention du musicien. Lui qui était sans cesse à la recherche de nouveaux talents, accepta sans difficultés d'enseigner la musique à la petite fille. Il ne regretta pas son choix. Une relation très forte et particulière naquit entre l'homme et l'enfant, tant et si bien qu'il lui faisait régulièrement des cadeaux.

Parmi ceux-là, on compte un vieux casque audio, ainsi qu'un appareil tout aussi vieux pour écouter de la musique, sur lequel il s'employait à mettre plusieurs morceaux que l'enfant devait apprendre. Au fil des années, il lui offrit une de ses vestes fétiches, pou laquelle Croyance avait visiblement eu un coup de coeur, un collier doré et d'autres babioles avec plus de valeurs sentimentales qu'autre chose. Lorsqu'elle était avec lui, elle se montrait étrangement calme et réfléchie. C'était le pouvoir de la musique, comme il aimait le lui rappeler. Il lui apprit le solfège, le piano et la guitare. Il lui apprit également à lire et à écrire - essentiel pour la musique, disait-il. Il ne demandait rien en échange, à part une aide ponctuelle au magasin. En réalité, tant qu'elle travaillait avec assiduité et qu'elle l'écoutait, il s'estimait satisfait.

Chaque jour, la petite Croyance allait retrouver l'homme pendant deux, trois, parfois quatre heures. Le reste de ses journées, elle les passait à faire les corvées dans la maison familiale devenue bien trop petite au fil des naissances, ou bien à déambuler dans les rues. Lorsqu'elle était seule, livrée à elle-même, elle finissait irrémédiablement par se mettre dans des situations délicates, dont elle se sortait en courant vraiment très vite. Et alors que l'adrénaline battait encore à ses tempes, elle riait aux éclats, profondément heureuse.

Elle multipliait les bêtises, à tel point que ses aînés se demandèrent si elle ne faisait pas exprès de faire absolument tout ce qui était interdit. Mais pour elle, ça n'était qu'un jeu, auquel elle participait sans se poser de questions. Se rouler dans la boue, escalader les bâtiments super-hauts, se battre avec les gamins du coin, jeter des cailloux sur les vitres des voisins et courir très vite pour ne pas se faire prendre, étaient les seules activités qu'elle jugeait intéressantes. Lorsqu'elle rentrait le soir, sale, couvertes de bleus, de coupures, les genoux écorchés ou ses vêtements abîmés, ses aînés secouaient la tête ou baissaient les yeux, exaspérés et impuissants, sa mère lui lançait un regard noir, et son père hurlait après elle. Selon son humeur du jour, il défaisait sa ceinture, attrapait le bâton, le martinet, ou parfois même le fouet.

Croyance se retrouvait alors avec ce que ses parents appelaient les marques de la honte. Elle sentait le poids des regards déçus peser sur ses épaules frêles. Puis, l'un ou l'autre de ses aînés finissait par avoir pitié, et l'on venait lui raconter une histoire pour la consoler. Demeurée sage pour le reste de la soirée, l'on finissait par oublier temporairement sa honte et ses mauvais agissements. A l'heure du couvre-feu, elle s'accrochait au cou de Finaude ou Martin, et ils allaient la coucher, accompagnés par quelques rires. Elle promettait alors de faire des efforts et d'être sage. Et le lendemain ou le sur-lendemain, elle recommençait.

Son quotidien demeura le même plusieurs années durant, et ses parents avaient de moins en moins d'espoirs qu'elle ne se range un jour. De plus, les problèmes de santé récurrents de la fillette provoquaient chez eux un agacement prononcé, qui ne faisait que s'accroître avec le temps. Ils étaient bien obligés de se saigner pour payer les soins, et elle demandait une attention et un temps qu'ils ne lui donnaient pas de bon coeur. Malgré les bonnes relations qu'elle avait pu entretenir, en surface, avec ses aînés, une certaine jalousie s'était insinuée progressivement dans le coeur de certains. L'enfant n'apportait guère que des problèmes à la famille Profitendieu.

Pourtant, durant ses périodes de convalescence, Croyance semblait particulièrement sage. Ainsi, sa famille avait bon espoir que cela se poursuivrait même lorsqu'elle serait totalement remise. En réalité, elle était simplement trop faible pour espérer faire quoi que ce soit, et si la maladie ne la clouait pas au lit ni ne lui confisquait sa joie de vivre, elle ne pouvait que se contenter de bêtises plus discrètes et moins marquantes pour les esprits de ses proches, habitués à ses coups d'éclats.

C'est ainsi qu'elle commença à recueillir divers animaux ou trucs de compagnie. Elle s'était mise en tête d'apprendre des tours à une petite colonie de nuisibles qu'elle aida à se développer sous son lit, dans la chambre qu'elle partageait avec ses soeurs. Ce fut Charité qui perça son secret à jour, et les petites furent contraintes de vider toute la chambre pour anéantir les nuisibles jusqu'au dernier. Sa fratrie lui en voulut beaucoup, et ce fut ce qui marqua le début de relations plus conflictuelles avec les uns et les autres. Croyance fut punie mais ça ne lui fit pas grand chose - à part de nouvelles marques sur son petit corps. Dévastée, elle se promit d'être plus prudente la prochaine fois qu'elle recueillerait des insectes ou de petits animaux.

Par la suite, tout se dégrada. Les premiers signes furent si subtiles que personne n'y fit vraiment attention. Croyance reprenait doucement des forces après une autre de ses infections (celle qui avait donné naissance à sa dernière lubie avec les nuisibles). Elle toussait encore, mais quoi de plus banal ? Cependant, la toux s'éternisa. Un soir, alors que Croyance se faisait une fois de plus réprimander par son père, la respiration de l'enfant se fit brusquement stridente ; la punition tourna court. Au sol, Croyance suffoquait, incapable de respirer, une main sur son petit coeur. Elle avait mal. Terriblement mal. Elle bleuissait à vue d'oeil, et toute la colère de la famille s'envola, remplacée par une inquiétude nouvelle. Cet épisode leur fit tellement craindre pour la vie de l'enfant que ce fut la dernière fois que Victor violenta sa fille.

Aussitôt, l'on emmena Croyance à l'hôpital. Ils lui firent passer une batterie de test, et le verdict tomba. Croyance était atteinte d'une maladie qui entraînait lentement mais sûrement une dégénérescence du système respiratoire. Cela attaquait notamment les poumons, et il n'était pas exclu que cela touche le coeur. A mesure que les paroles des médecins condamnaient l'enfant, l'espoir quittait les parents. Ils déclarèrent finalement qu'à ce rythme, il ne lui restait pas plus de quelques mois à vivre, ou quelques années si elle se ménageait. Il n'y avait rien à faire, à part prier. Ils ne l'avoueraient jamais, mais les parents se sentirent finalement gagnés d'un étrange soulagement. Alors, ils décidèrent d'envoyer Croyance dans un couvent qui, en plus de l'accueillir, acceptait de prendre en charge le peu de soins médicaux qui étaient praticables sur elle, afin de la faire partir avec le plus de douceur possible.

Croyance n'avait que huit ans lorsqu'elle apprit qu'elle était condamnée, et se retrouva cloîtrée, abandonnée par sa famille. Elle dut quitter Pierre-Georges et les Profitendieu, laisser ses instruments, et toutes les aventures palpitantes qu'elle vivait au quotidien. Elle n'allait plus jamais les revoir. Aussitôt placée là-bas, on l'oublia. Elle n'avait jamais été qu'un poids, après tout. Ses parents comme ses frères et soeurs lui avaient expliqués pourquoi elle devait aller dans ce couvent. Elle allait mourir. Elle n'avait pas encore vécu, et elle allait mourir. A leurs yeux, elle était simplement déjà morte. Mais pour Croyance, la mort n'avait rien de concret. Elle n'en comprenait ni le sens ni les implications. Elle savait juste qu'elle allait passer toute sa petite vie enfermée dans ce lieu, certes grand et beau, mais dont elle aurait rapidement fait le tour.

Elle trouva un peu de réconfort auprès de Soeur Marie-Eunyce, une sainte qui dédia beaucoup de son temps à lui raconter la parole divine. Soeur Marianne, elle, lui apportait en douce des rations de nourriture supplémentaires. Dans l'ensemble, ils s'étaient tous montrés plutôt accueillants et bienveillants avec elle. Bien sûr, elle n'avait pas la même affinité avec toutes les saintes, mais il n'y en avait que deux sur l'ensemble du couvent qu'elle n'appréciait pas.

D'abord, il y avait Soeur Louise. Alors que d'autres se montraient douces, gentilles et compréhensives avec elle, Soeur Louise était méchante et la forçait à faire de trop nombreuses tâches pour son petit corps fatigué. Elle la surveillait comme l'huile sur le feu, et Croyance se sentait encore plus prisonnière qu'elle ne l'était déjà. Fort heureusement, elle parvenait parfois à échapper à la surveillance quasi-militaire de la femme. Elle se réfugiait alors dans les cuisines, seul endroit où elle pouvait espérer trouver une cachette, entre deux énormes machines.

C'est ainsi qu'elle fit la connaissance de Serge, un gros rat tout sale qui était en train de grignoter la moitié du garde-manger. Croyance se lia bien vite avec l'animal, et elle entreprit de faire la chasse aux pièges. Serge et elle devinrent rapidement inséparables, et si le rat disparaissait parfois quelques heures, il finissait toujours par revenir naturellement vers elle. Il apporta un peu de joie dans le quotidien morne et sans saveur qui était devenu le sien. Si on l'avait surprise avec cette bestiole sans nulle doute pleine de maladies, avec la sensibilité qui était celle de Croyance, cela aurait très certainement fait éclater le plus gros scandale que le couvent n'ait jamais connu, et le silence ne serait pas retombé avant un long moment.

La seconde Sainte avec laquelle elle avait fréquemment des soucis était Mère Thérèse. La femme, austère et sévère, était un oiseau de mauvaise augure. Lorsqu'elle la voyait, Croyance savait qu'elle avait fait une bêtise, et qu'elle allait passer un mauvais moment. Elle avait le droit à des remontrances, suivies d'heures et d'heures de prières intensives, au cours desquelles Croyance finissait irrémédiablement par s'endormir. Elle recevait alors un coup de bâton de la part de la mère supérieure, et devait reprendre ses baragouinages dépourvus de sens. Après tout, si elle ne voulait pas finir en Enfer, elle devait se montrer dévote et blablabla. Ce discours ennuyait profondément Croyance, et ne lui donnait qu'une envie : partir.

Elle avait d'ailleurs commencé à élaborer un plan afin de s'enfuir. Quitte à être condamnée à l'Enfer, comme on le lui répétait si souvent, elle se disait que le mieux était de pouvoir réaliser un de ces plus grands rêves : devenir l'héroïne de ses histoires, comme Modestie l'avait fait avant elle. Elle savait qu'elle ne pourrait pas retourner auprès de sa famille. A peine avait-elle quitté le toit familial que tous l'avaient oubliée. Elle était parfaitement consciente d'être déjà morte à leurs yeux. Sa disparition avait été un soulagement pour l'ensemble de la famille. Après tout, ils l'avaient confiée à d'autres pour ne plus avoir à s'en inquiéter.

Elle avait songé à rejoindre Pierre-Georges, mais il était l'ami de son grand-frère, et il vivait trop proche de son ancienne famille. Et puis, lui aussi l'avait abandonnée. Il n'était pas mieux que ses parents. Alors, après des heures de réflexion, elle décida qu'il était temps qu'elle parte enfin à la rencontre de la fameuse Modestie. Elle ne savait pas où elle était, ni même si elle était encore en vie. Mais étrangement, Croyance ne doutait pas qu'elle finirait par la trouver.

C'est ainsi qu'un soir comme les autres, après six mois passés dans le couvent, la fillette d'à peine neuf ans mit son plan à exécution. Elle récupéra ses maigres effets personnels, et avec Serge dans la poche de sa veste, elle parvint à sortir de sa prison. Dans la nuit noir, Croyance s'enfuit en courant vers un nouveau départ. Un immense sourire éclairait son visage, alors qu'un vent de liberté soufflait sur elle. En fixant le ciel étoilé, elle envoya une promesse silencieuse à la nuit. Modestie, me voilà !
Caractéristiques
10 PA - 1500 PE
Flamme Pirate : Modérée

Talent : Musicienne en herbe

Croyance a l'oreille absolue : elle reconnait les sons, les nomme et les reproduit naturellement. En outre, elle est capable de faire de la musique partout, avec n’importe quoi. Un morceau de corde, une boite de conserve, trois bouteilles, un bout de bois, et hop, les notes s’envolent !


Désavantage : Maladie mortelle

Malus : Enfant

C'est dur dur d'être un bébé /PAN Plus sérieusement, être un enfant n'est pas toujours facile, surtout dans un univers peuplé de brutes et de pirates sans foi ni loi. Les enfants sont donc désavantagés pour tout ce qui implique le leadership. Ils ont peu d'influence auprès des personnages plus vieux et il est rare qu'on prenne leurs idées au sérieux. De plus, ils ont un désavantage en combat. Néanmoins, ils sont adorables et les gens ont tendance à vouloir les protéger.



Avantages :

• Charismatique (5 PA)
• Versatile (5 PA)
• Animal de compagnie (0 PA) - Un gros rat d'égout noir qui répond au nom de Serge


Domaines d'expertise :

• Musique (Claviers (Piano/Synthé), Guitare) - Initié
• Sport - Habile
• Furtivité - Habile
• Mémorisation - Habile
• Empathie - Habile
Le joueur
Ley - 22 ans
• Double compte ? Si oui, listez les comptes précédents : Jezabel Alvarez, Billy Jenkins, Raedhun Van Haten & Aäsh'an Kame

• Comment avez-vous connu le forum ? Je le connais grâce à Aki, depuis plusieurs merveilleux mois, maintenant <3

• A quel rythme répondez-vous généralement ? Ca peut aller de 9843 par seconde à 1 fois toutes les deux semaines.

• Si vous aviez un changement à proposer sur le forum, ce serait lequel ? Des baleines de l'espace ?

• Si vous quittez le forum un jour, vous préférez que votre personnage... Succombe à sa maladie.
Jaziel De Nieves
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Jaziel De Nieves
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Corrections

Now some have died and some are alive. And others sail on sea with the keys to the cage, and the Devil to pay we lay to Fiddler's Green.

À modifier

Une petite puce qui à l’air à la fois adorable et insupportable. Je sens que tu vas bien t’amuser à ennuyer ta grande soeur.

La musique
C’est notre seul point à modifier sur ta fiche. En effet, c’est un instrument par niveau, pas un type d’instrument. Alors autant le piano/synthé ça passe (dans le sens où tu joues du piano sur ton clavier de synthé, hein, si tu veux faire de la musique électro sur synthé alors c’est un instrument à part entière), autant le ukulele et la guitare sont aussi différents que disons le violon et violoncelle. Aussi nous allons te demander de choisir l’un des deux pour la petite ;)

N'hésite pas à demander des précisions ou à poser tes questions si tu en as, nous sommes là pour ça !
Bon courage pour les modifications et n'oublie pas de nous signaler lorsque tu as terminé.



« Soy el desesperado, la palabra sin ecos, el que lo perdió todo, y el que todo lo tuvo. »
Croyance Profitendieu
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J'ai modifié, pour garder piano/synthé et guitare !

Merciiii <3
Jaziel De Nieves
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http://helldorado.forumactif.com/t77-jaziel-de-nieves#145 http://helldorado.forumactif.com/t115-la-partie-immergee-de-l-iceberg http://helldorado.forumactif.com/t87-l-iceberg-fregate-pirate

Fiche Validée

The seas be ours and by the powers, where we will we'll roam.

Je déclare cette fiche officiellement VALIDÉE !

Et c'est tout bon pour nous !

La prochaine étape, avant de pouvoir te lancer dans le RP, est d'aller créer tes sujets dans la gestion de personnages. Premièrement, tu dois poster ton Journal de bord. Ensuite, si tu es le créateur d'un vaisseau spatial, tu dois également aller poster ta Fiche d'équipage.

Si tu le souhaite, tu peux également venir poster une Petite Annonce pour trouver un partenaire de RP. Finalement, n'hésite pas à venir jeter un oeil aux Quêtes et animations en cours.

Toute l'équipe du staff restera toujours disponible pour toi si tu as des problèmes demandes ou questions, alors n'hésite jamais à nous contacter. Bref, bravo pour ta fiche et bienvenue encore parmi nous.

De la part de toute l'équipe, nous te souhaitons bon jeu !


« Soy el desesperado, la palabra sin ecos, el que lo perdió todo, y el que todo lo tuvo. »
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